La meilleure vodka pomme de ma vie.
Trois flocons l'espace d'une minute, juste pour la magie du moment.
Rester une demi-heure plantée devant un tableau à Tacheles, avec le coeur qui grince. Rentrait pas dans mon sac. La prochaine fois, je prends le train.
Pisser à trois sur un quai de métro.
Tomber amoureuse toutes les deux minutes, partout, tout le temps. Les filles, les mecs. Écarteurs de malade, pompes de malades, fringues de malades.
Traverser un bois dans le froid pour déboucher sur un parc d'attraction à l'abandon. Ne pas oser sauter les grilles. En faire le tour pendant plus de deux heures.
Chanter du Goldman à pleins poumons, et presque en canon, pour oublier qu'on se pèle. Gueuler du Richard Cocciante dans le métro vide.
Perdu un gant. Sans rire, à chaque voyage à l'étranger, je perds un gant.
Minuit, trois potes, autant de verres. Décider de monter dans un bus au pif qui passait par là. Se faire envoyer chier par le chauffeur. Ce qui n'était pas une si mauvaise chose quand on y repense.
S'emmêler dans un hall géant. En cherchant le U-bahn, manquer de monter dans un train pour Hambourg.
Un inconnu passablement éméché me colle
Der Patient de John Katzenbach dans les mains et se barre. Comme ça. Le machin fait 500 pages, je parle pas un mot d'allemand.
Deux adorables petits gars réveillent tout le bar du Generator en chantant
Because I Got High (toi non plus tu ne l'as pas écoutée depuis dix ans ?
ALORS KIFFE).
Pleurer comme une nouille sur le quai du métro, comme d'hab, laissant les autres derrière pour quelques jours de plus.
À l'aéroport, repérer au premier coup d'oeil tous les français qui rentrent de la Biennale. Pincement au coeur, l'envie d'en être. Pendant les deux heures de trajet, ne pas oser s'insérer dans la conversation entre mes voisins scénaristes et acteurs qui font connaissance pour passer le temps. Echec.
Et pour ceux qui envisagent d'aller y faire un tour, deux-trois coins que j'aime.
- Le
Generator Hostel est une super adresse niveau auberge de jeunesse. C'est pas très intime mais bien foutu, bien situé, pas trop cher.
http://www.generatorhostels.com
Storkower Strasse 160, 10407 Berlin [S Landsberger Allee]
- Interdiction formelle de passer par Berlin sans voir
Tacheles, une ancienne prison nazie reconvertie en ateliers d'artistes. Le lieu est en sursis depuis deux ans déjà. Ça change de tête en permanence.
- Je suis tombée amoureuse du
Lauschangriff, petit bar à absinthe où j'ai donc bu la meilleure vodka-pomme de ma courte existence. À trois euros. Paraît qu'il y a de très bons concerts au sous-sol de temps en temps.
Le genre d'endroit dont je rêve à Paris quoi.
http://www.myspace.com/lauschangriff_rigaer103
Rigaer Straße 103, 10247 Berlin [U5 Frankfurter Tor]
- J'adore descendre à
Schönhauser Allee, prendre la rue du même nom, et bifurquer sur la
rue Kastanienalle. C'est le tout premier endroit que j'ai visité à Berlin, je risque pas d'oublier la sensation dans la gorge au fur et à mesure de mes pas.
Loupez pas le vieux photomaton défoncé, qui te fait des photos à l'horizontal.
- Goûtez les kebabs au moins une fois. Trucdeouf le plus souvent. Et pour même pas trois euros, again.
- Descendez à
Plänterwald. Prenez une bonne carte. En suivant un petit chemin à travers les bois, vers la Spree, vous finirez par tomber sur le
Kulturpark, le parc d'attraction abandonné. Grillagé, mais rien de très haut...
- Par contre, conseil d'amie, évitez l'
Erotik Museum, cétoupourri.
À part te donner vaguement envie de baiser à force, ce qui est chiant quand tu es là-bas avec tes potes.